Non, le Coran n’a jamais justifié l’esclavage. Il l’a combattu.

Non, le Coran n’a jamais justifié l’esclavage. Il l’a combattu.

Le Coran combat l’esclavage en promouvant la dignité humaine et l’émancipation.

POURQUOI LIRE :Analyse de la position du Coran sur l’esclavage.

Exploration de la réforme progressive et de l’émancipation.Réflexion sur les dérives historiques et leur déconnexion avec le message coranique.

Le Coran face à une institution universelle.

L’affirmation selon laquelle le Coran aurait légitimé l’esclavage est régulièrement avancée comme une évidence. Elle repose pourtant sur une lecture superficielle, souvent idéologique, qui confond un contexte historique donné avec un projet moral et spirituel profondément réformateur. Car si le Coran s’est adressé à une société où l’esclavage existait, il ne l’a jamais consacré comme une norme, ni comme un idéal. Bien au contraire, il en a progressivement sapé les fondements et remis en cause les logiques qui le rendaient possible.

Au VIIᵉ siècle, l’esclavage était une institution universelle. Il structurait l’ensemble des sociétés humaines, de l’Empire romain à la Perse sassanide, sans être sérieusement remis en question sur le plan moral ou philosophique. L’Arabie préislamique ne faisait pas exception. Exiger du Coran une abolition immédiate et explicite de l’esclavage revient donc à lui imposer une lecture anachronique, étrangère aux dynamiques historiques de l’époque. Aucun texte religieux ou philosophique ancien n’a procédé de la sorte ni formulé un projet d’émancipation cohérent dans un monde fondé sur la domination.

Une dynamique de réforme et de libération.

Le Coran adopte une autre méthode : celle de la réforme progressive. Il ne crée pas l’esclavage, ne l’encourage pas et ne le sacralise jamais. Il agit sur deux leviers essentiels : la réduction drastique des voies d’entrée dans l’asservissement et la multiplication des moyens d’en sortir. Là où l’esclavage était auparavant alimenté par les razzias, l’endettement ou la vente de soi, le message coranique resserre progressivement ces pratiques, tout en faisant de l’affranchissement un acte hautement valorisé. Ainsi, la libération des esclaves est explicitement présentée comme une œuvre majeure de piété.

Le Coran l’inscrit au cœur de la foi vécue : « La vraie piété ne consiste pas à tourner vos visages vers l’Orient ou l’Occident, mais la vraie piété est de croire en Dieu (…) et de libérer les esclaves » (Coran, 2:177)

L’affranchissement est également exigé comme expiation spirituelle pour certaines fautes graves, ce qui en fait un acte de réparation morale centrale : « Celui qui tue un croyant par erreur doit affranchir un esclave croyant… » (Coran, 4:92).

« Dieu ne vous tient pas rigueur pour les serments irréfléchis, mais Il vous tient rigueur pour les serments délibérés. L’expiation consiste à nourrir dix pauvres… ou à affranchir un esclave » (Coran, 5:89)

Cette insistance n’est ni marginale ni secondaire : elle structure une véritable éthique de la libération inscrite dans le texte lui-même.

Le Coran va plus loin encore en ouvrant la voie à l’émancipation contractuelle des personnes asservies, en leur reconnaissant une capacité juridique et morale : « Et ceux de vos esclaves qui cherchent un contrat d’affranchissement, concluez-le avec eux, si vous reconnaissez en eux du bien, et donnez-leur des biens de Dieu qu’Il vous a accordés » (Coran, 24:33)

L’esclave n’est donc jamais décrit comme un être inférieur par nature, mais comme un être humain à part entière, doté de dignité, de droits et de responsabilité morale.

Une rupture anthropologique majeure.

Plus profondément encore, le Coran s’attaque au socle idéologique de l’esclavage : la hiérarchisation ontologique des êtres humains. Il affirme une égalité fondamentale devant Dieu, indépendamment du statut social, de l’origine ou de la condition : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus pour que vous vous connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux » (Coran, 49:13)

Cette rupture est considérable dans une société fondée sur la domination et l’hérédité des rangs.

Le Prophète de l’islam prolongera explicitement cette logique dans ses paroles et ses pratiques. Il dira notamment :

« Vos serviteurs sont vos frères. Dieu les a placés sous votre autorité. Que celui qui a un frère sous sa responsabilité le nourrisse de ce qu’il mange et le vêtisse de ce qu’il porte. Ne leur imposez pas ce qu’ils ne peuvent supporter, et si vous le faites, aidez-les »(Sahih al-Bukhari, Sahih Muslim).

Et dans un autre hadith :« Quiconque gifle son esclave ou le frappe, son expiation est de l’affranchir » (Sahih Muslim)

Ces paroles bouleversent les normes sociales de leur temps et rendent moralement intenable toute conception de l’esclavage fondée sur la brutalité ou la déshumanisation.

Texte fondateur et dérives historiques.

Si l’esclavage a perduré dans certaines sociétés musulmanes, cela ne relève pas du texte coranique, mais de choix politiques, économiques et culturels qui ont souvent trahi son éthique. Confondre ces pratiques historiques avec le message du Coran revient à attribuer à un texte ce que ses lecteurs ont parfois refusé d’appliquer.

Dire que le Coran a justifié l’esclavage, c’est ignorer sa dynamique réformatrice, son contexte de révélation et son projet moral. Le Coran ne s’est jamais placé du côté de l’oppression, mais de la dignité humaine et de la libération progressive de l’homme par l’homme.

A découvrir l’article à travers le lien ci-dessous de Oumma. Com

https://oumma.com/non-le-coran-na-jamais-justifie-lesclavage-il-la-combattu/

Laisser un commentaire