Appel Gravissime à Boycotter le Hajj ? Quand l’émotion devient un obstacle au Chemin d’Allah (l’Islam).

La douleur pour Gaza est réelle. La colère contre l’injustice est légitime. Et l’amour des musulmans pour leurs frères opprimés n’est pas à prouver. Mais il existe une frontière que l’Islam ne permet pas de franchir : transformer une indignation politique en appel à délaisser une adoration prescrite par Allah Le Sublime.
Car lorsqu’un discours — même indirect, même “suggéré”, même sous forme de montage émotionnel — conduit des croyants à se dire : “Je n’irai plus au Hajj, je n’irai plus à la ʿUmra”, on ne parle plus d’opinion politique. On parle d’un glissement religieux grave : le fait de détourner des gens des rites d’Allah.
Allah a ordonné le Hajj :
“Et c’est un devoir envers Allah, pour les gens qui en ont la capacité, d’aller en pèlerinage à la Maison.” (Coran 3:97)
“Et proclame le Hajj aux gens…” (Coran 22:27)
“Accomplissez pour Allah le Hajj et la ʿUmra.” (Coran 2:196)
“Et quiconque magnifie les rites (shaʿâ’ir) d’Allah, cela relève de la piété des cœurs.” (Coran 22:32)
Et le Prophète ﷺ a dit : “L’Islam est bâti sur cinq…”, dont le pèlerinage à la Maison pour celui qui en a la capacité. (al-Bukhârî, Muslim)
Donc oui : on peut critiquer des politiques, dénoncer des crimes, refuser l’hypocrisie. Mais on ne joue pas avec une adoration qu’Allah a liée à la Foi, à la piété, et à l’unité de la Umma.
1) Critiquer la politique d’un État ne doit pas conduire à détourner des musulmans d’un pilier de l’Islam.
Il y a une confusion terrible chez certains :ils confondent la critique d’un pouvoir (possible, avec justice et preuves) et la dévalorisation d’un rite (ce qui est totalement interdit).
Allah a même cité parmi les pires injustices le fait de barrer l’accès aux mosquées et d’y empêcher la mention d’Allah :
“Qui est plus injuste que celui qui empêche que le Nom d’Allah soit mentionné dans les mosquées et s’efforce de les détruire ?” (Coran 2:114)
Et au sujet de la Mosquée sacrée :“Ceux qui ont mécru et détournent (les gens) du sentier d’Allah et de la Mosquée sacrée…” (Coran 22:25)
Le point n’est pas de “défendre tel régime”. Le point est de ne pas devenir — par politisation — un outil de détournement des bonnes croyances et des adorations musulmanes.
2) L’argument “l’argent du Hajj finance les crimes” : un raisonnement instable
Beaucoup de slogans se fondent sur une idée simple : “Je paye → ils prennent → ils donnent → cela tue.
”Ce raisonnement est souvent sélectif et incohérent, car il s’applique (par la même logique) à énormément de situations : L’impôt payé dans des pays qui soutiennent l’injustice. Les achats de biens dont les circuits économiques sont mondialisés. Le carburant, les banques, les taxes, les transferts, etc.
Autrement dit, si on absolutise ce raisonnement, on finit par accuser presque tous les musulmans de “participer” — même malgré eux — alors qu’Allah ne charge pas une âme au-delà de sa capacité et de ce qu’elle vise.
En Islam, il y a un principe : chacun est jugé sur son intention et son acte.
“Les actes ne valent que par les intentions.” (al-Bukhârî, Muslim)
Le pèlerin met son intention pour Allah, pas pour financer qui que ce soit.S’il existe un péché de détournement, de corruption ou de complicité politique, (ce qui reste à prouver) il retombe sur celui qui commet et décide, pas sur celui qui vient accomplir une adoration.
Lire le reste de l’article dans le lien ci-dessous de ajib.fr



Laisser un commentaire