Ce n’est pas l’islam qui menace la démocratie, mais l’extrême droite qui l’attaque de l’intérieur.

Ce n’est pas l’islam qui menace la démocratie, mais l’extrême droite qui l’attaque de l’intérieur.

Depuis des années, on présente l’islam comme une menace pour la démocratie. Cette idée est pratique : elle évite surtout de regarder le vrai problème.

Pendant qu’on montre du doigt une religion, ce sont en réalité les valeurs démocratiques qui sont attaquées de l’intérieur. Par l’extrême droite, par la violence politique qui devient banale, par des groupes idéologiques tolérés, par la propagande médiatique et par les attaques contre la justice. Aux États-Unis comme en France, les faits sont clairs : le danger est le même.Ce discours s’est installé peu à peu dans le débat public. Il est répété sans cesse, relayé partout, jusqu’à paraître évident pour une partie de la population.

L’islam serait un problème politique, culturel, voire civilisationnel. Mais cette vision est trompeuse. Elle détourne l’attention de ce qui affaiblit vraiment la démocratie : l’acceptation de méthodes autoritaires et la banalisation d’idéologies qui rejettent la diversité, l’égalité et les contre-pouvoirs.La démocratie ne disparaît pas d’un coup. Elle s’abîme lentement : quand la justice est attaquée, quand les médias deviennent des outils idéologiques, quand la peur sert à gagner des voix et quand certains citoyens sont traités comme des suspects permanents. Rien de tout cela ne vient d’une religion. En revanche, tout cela fait partie des stratégies de l’extrême droite.

États-Unis : le néofascisme en action, de la violence politique à l’État-milice.

L’exemple américain est désormais impossible à ignorer. Sous la présidence de Donald Trump, la démocratie a été attaquée frontalement. Délégitimation constante de la presse, attaques répétées contre les juges, mensonge érigé en méthode politique, et surtout refus d’accepter le verdict des urnes. L’assaut du Capitole, le 6 janvier 2021, n’a pas été un accident : il est le produit logique d’un discours qui prépare les esprits à la violence politique.Mais le néofascisme ne s’exprime pas seulement par les mots. Il se traduit par des pratiques. La police fédérale de l’immigration, Immigration and Customs Enforcement, en est l’un des exemples les plus frappants. Sous couvert de politique migratoire, l’ICE a agi comme une force quasi milicienne : agents masqués et armés, raids à l’aube, arrestations arbitraires, familles séparées, centres de détention dénoncés pour de graves violations des droits humains.Quand une institution de l’État agit dans l’opacité, sans contrôle démocratique réel, en ciblant des populations sur des critères identitaires, on ne parle plus de sécurité mais de domination. C’est une logique d’État-milice. Là encore, aucune religion en cause. Seulement un pouvoir qui accepte la force comme mode de gouvernement.

France : milices néofascistes, propagande médiatique et justice délégitimée.

La France n’est pas un cas à part. En mai 2025, près d’un millier de militants d’ultradroite ont défilé à Paris à l’appel du Comité du 9 mai. Ce défilé avait tous les traits d’une démonstration de force milicienne : formation en rangs, uniformité vestimentaire, visages dissimulés, service d’ordre encagoulé, croix celtiques, slogans hérités du GUD, iconographie néonazie assumée. Cette marche a été autorisée, tandis que des manifestations antifascistes étaient interdites. Le signal envoyé est grave : des groupes se réclamant ouvertement du néofascisme peuvent occuper l’espace public, défiler en formation quasi paramilitaire, sans être inquiétés. Ce n’est pas un détail. C’est un basculement.Dans le même temps, une partie du paysage médiatique joue un rôle central dans la normalisation de ces idées. CNews fonctionne comme une chambre d’écho permanente des obsessions identitaires : l’islam y est présenté comme un danger structurel, la peur entretenue quotidiennement, la nuance disqualifiée. Il ne s’agit plus d’informer, mais de conditionner. Sur le terrain politique, le Rassemblement national et Éric Zemmour prospèrent sur ce climat. Leur stratégie est connue : désigner des ennemis intérieurs, opposer identité et égalité, transformer la démocratie en rapport de force permanent.

Source: Oumma.com

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