Des Savants et prédicateurs à l’épreuve du BUZZ.

Des Savants et prédicateurs à l’épreuve du BUZZ.

Le monde de la spiritualité et de la religion a beaucoup changé à l’ère des réseaux sociaux. L’internet a réduit la vie des humains à un espace virtuel, faisant d’eux des êtres contrôlés et conditionnés. Tout est devenu presque mécanique, pour voir son succès validé, il faut le réclamer à travers les réseaux sociaux.

Sans avoir la prétention de dévoyer le monde des réseaux sociaux, c’est impératif pour nous d’en appeler à une responsabilité manifeste des usagers. Au Burkina Faso, certains jeunes intellectuels et prédicateurs musulmans se servent de ces canaux pour la promotion de leurs activités communicationnelles et religieuses, ce qui est louable. En dépit du fait qu’ils ignorent les dangers que représente ce monde virtuel dans la récupération des productions, des données personnelles, pour faire des sujets de scandales et de manipulations à des fins parfois inavouées.

A l’heure actuelle, ces jeunes prédicateurs ont compris la portée des réseaux sociaux si bien qu’ils les utilisent pour la plupart d’entre eux, à la recherche du buzz. Attirer les projecteurs et créer du bruit en termes de polémique autour de soi, pour se faire plus connaitre ou faire plus parler de soi. Naturellement, des fans, followers et des soutiens de tout acabit fusent de toute part.

Et ce malgré la problématique.

De l’appel à Allah et à son messager dans la bonne exhortation et dans une meilleure disposition envers les gens, l’on devient influenceur, buzzeur et « polémiqueur » sans le savoir.

Tout cela en quête de notoriété et des espèces sonnantes et trébuchantes. Voila ce à quoi ressemble notre paysage des prêches et de la communication de certains jeunes intellectuels et prédicateurs. Du coup, l’on a l’impression d’avoir affaire à une nouvelle vague de communication religieuse, jamais connue sous nos cieux ; pourtant inspirée des mêmes livres et fondamentaux de l’islam que tout le monde connait.

Les jeunes sont dans une nouvelle tendance, à savoir chercher à atteindre la psychologie des anciens, des fortunés, des masses, par leurs façons de communiquer, se passant pour des Savants extraordinaires dans la vérité. Pourtant, c’est juste attirer la foule pour des besoins parallèles.

Le phénomène est réel et constant au point que des associations sensées défendre l’union des musulmans par un discours unique et diversifié se butent aux caprices des nouvelles conquêtes aux allures de l’égoïsme, de sectarisme, et du matérialisme islamique. Minimisant de ce fait, les efforts de la FAIB.

Ces Savants de la vieille école, source de paix et de stabilité.

A l’opposé, nous avons des Savants et prédicateurs sincères, qui tiennent compte de l’état d’esprit de la société, son niveau de compréhension et les contextes socio-politiques sans susciter des amalgames et des polémiques inutiles, à même de créer de la déperdition. Ces Savants sérieux et responsables se montrent plus soucieux de l’avenir et du bien-être de la Oumma musulmane et œuvrent inlassablement à la cohésion sociale et au renforcement du vivre-ensemble.

A une certaine époque, la mosquée, les Savants, le Coran, et les musulmans étaient source de paix, de tranquillité, de refuge pour les musulmans et pour le reste de la société.

En ces temps-ci, c’est le contraire qui se constate, sous nos regards. Des rivalités doctrinales et idéologiques qui, au demeurant, font plus de mal à la Oumma.

Il est évident que le souci de préserver la foi et ses fondamentaux s’imposent. Ce, afin de contrer des comportements vidant l’islam de ce qu’il a de fondamental, à savoir l’humanisme, la fraternité et la tolérance sous la bannière de l’unicité d’Allah et les enseignements de son messager, Muhammad (saw) .

Si aujourd’hui, la communauté nationale islamique au Burkina Faso souffre dans sa chaire du fait des discours, prédications, et comportements interposés dans la violence verbale et la division de ses membres par les germes de la haine de l’autre, il est clair que le souci n’est pas la préservation de la religion d’Allah, mais plutôt la promotion du communautarisme, l’individualisme par association interposées et la construction du culte de personnalité par le buzz.

GUIGMA AROUNAN

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