Méditations sur Laylatul Qadr, la nuit du Destin.

La Nuit du Destin, Laylat al-Qadr, est l’une des nuits les plus importantes du mois de Ramadan.
Dans le Coran, elle est décrite comme meilleure que mille mois, une nuit de bénédictions, de pardon et de prières.Elle se trouve dans l’une des nuits impaires des dix dernières nuits du Ramadan, et beaucoup de musulmans la recherchent particulièrement lors de la 27ᵉ nuit.
👉 Pour ceux qui ont commencé le Ramadan le 18 février, la 27ᵉ nuit correspond à la nuit du 15 au 16 mars.
👉 Pour ceux qui ont commencé le Ramadan le 19 février, la 27ᵉ nuit correspond à la nuit du 16 au 17 mars.
A notre connaissance, il n’y a pas de divergence au sein des commentateurs du Coran en ce que le pronom « hu » de « inna anzalnahu », qui figure dans premier verset de la sourate Qadr, renvoie au Coran :
« Vraiment, Nous l’avons fait descendre lors de la nuit de Qadr » (Coran 97 : 1).
Par le truchement de la règle exégétique « le Coran explique le Coran », il vient qu’il s’agit bien du Coran comme c’est mentionné dans les versets suivants : « Le mois de Ramadân au cours duquel le Coran a été descendu… » (Coran 2 : 185) ;
« Hâ, Mîm, par le Livre explicite ! Nous l’avons fait descendre lors d’une nuit bénie… » (Coran 44 : 1-3)
Cela étant dit, il y a eu donc un « moment» universel où il s’est passé quelque chose de mystérieux dans le laps de temps d’un crépuscule à l’aube. Pour tenter une analogie qui a toutes les limites auxquelles fait référence l’adage « comparaison n’est pas raison », c’est comme si on se disait que l’instant de la conjonction « alignement Terre-Lune-Soleil » correspond à telle heure terrestre.
Dans ce cadre de pensée, nous considérons alors que cette nuit de Qadr correspond à la projection sur terre de cet « instant » où par la décision absolument souveraine de Dieu, le Coran « fait mouvement » vers la terre, c’est-à-dire l’espace-temps dans lequel vivent les humains qui en sont avec les jinns, les destinataires. Il s’est alors posé la question toute logique qui consiste à dire ceci : on sait qu’en temps historique, le Coran a été récité par le prophète (saws) tel qu’il le recevait de l’ange Djibril (paix sur lui) pendant environs 23 ans, donc comment comprendre que le Coran a été «descendu » en une seule nuit ?
Pour tenter une réponse, il convient de noter comme le font les commentateurs du Coran, qu’il est question de partir de cette vérité du texte selon laquelle, lors de cette mystérieuse nuit, Dieu a décidé de la mise en mouvement du Coran à partir de la Table gardée, en haut, vers la terre.
Le Coran fait référence à cette Table gardée (lawhul mahfûz) en ces termes : « C’est en vérité un Coran glorieux sur une table gardée » (Coran 65 : 21-22)
Quelle est la nature de cette Table et sous quelle forme le Coran y est-il conservé ? Cela relève d’une réalité suprarationelle et non pas irrationnelle. En tout cas, s’il est gardé cela indique que rien ne peut l’altérer.
C’est ainsi que principalement, deux interprétations se côtoient quant à ce qui a été descendu lors de cette nuit : la première considère que ce sont les premiers versets révélés au prophète (saws) au mont Hira à la Mecque dont il s’agit et une autre qui soutient que c’est de tout le Coran qu’il est question ; la seconde emporte notre conviction, vu que comme l’indiquent certains commentateurs, il existe d’autres versets qui apportent la précision :
« Hâ, Mîm, par le Livre explicite ! Nous l’avons fait descendre lors d’une nuit bénie… » (Coran 44 : 1-3)
C’est le Livre, en tant que tel, qui est mentionné. Pour en avoir une autre compréhension, il faut des arguments irréfutables qui viennent relativiser le sens obvie.
De plus, à ce sujet, le commentaire attribué à Ibn Abas, connu pour être parmi les plus grands connaisseurs du commentaire coranique, est une donnée solide. En effet, il est rapporté de lui que le Coran a été descendu de la Table gardée situé en haut, vers le ciel du monde (samâ-ud dunyâ) au « lieu » appelé « baytul ‘izza » (la maison de la gloire » d’un seul trait lors de la nuit de Qadr. C’est de là-bas que Dibril (paix sur lui) l’a descendu sur le cœur du prophète (saws) graduellement en vingt-trois ans toujours dans sa pureté originelle. Cette descente qui passe par Djiril (paix sur lui), l’ange qui apporte la révélation aux prophètes (paix sur eux) est relatée par le Coran en ces termes :
« ‘Dis : tout ennemi de Djibrîl (doit savoir que) c’est lui qui l’a fait descendre sur ton cœur par la permission d’Allah pour confirmer ce qui l’a précédé, servir de guidance et annoncer l’heureuse nouvelle aux croyants’ » (Coran 2 : 97) ;
dans le verset suivant, Djibrîl est appelé « Esprit fidèle » (ar-Rûh al amîn) :
« Et c’est vraiment une révélation descendue du Seigneur des mondes, que l’Esprit fidèle a déposé dans ton cœur afin que tu sois de ceux qui avertissent en une langue arabe limpide » (Coran 26 : 192-195)
Par définition, la révélation (al wahyu) est une réalité mystérieuse mais une réalité quand même pour le croyant sur la base de ce qu’en dit le Coran et de ce que la communauté abrahamique croit :
« Et Il n’a pas été donné à un humain qu’Allah lui parle autrement que par révélation, ou de derrière un voile, ou qu’Il [lui] envoie un messager (Ange) qui révèle, par Sa permission, ce qu’Il [Allah] veut. Il est Sublime et Sage » (Coran 2 : 51)
A notre sens, ce qui importe le plus ici, c’est de noter que durant cette nuit de Qadr s’est produit un phénomène unique, à savoir, la rencontre entre la transcendance par le truchement du Coran et le cœur pur et préparé du prophète (saws), le meilleur des humains et sceau des prophètes :
« Ne t’avons-Nous pas ouvert la poitrine ? Ne t’avons-Nous pas débarrassé de ton fardeau qui pesait si lourd sur ton dos ? » (Coran 94 : 1-3)
Cette mystérieuse nuit de Qadr marque l’avènement de la dernière parole adressée par Dieu aux humains et Djinns – ces derniers le recevant aussi du prophète – qui vient féconder l’histoire humaine pour le meilleur :
« C’est en ce mois de Ramadan que le Coran a été descendu comme guidance pour les humains et comme preuves de la bonne direction et du discernement » (Coran 2 : 185)
Le reste de l’article avec Oumma. Com dans le lien ci-dessous
https://oumma.com/meditations-sur-laylatul-qadr-la-nuit-du-destin/



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