Une longue histoire de subversions et de coups d’État américains : de Mossadegh et Allende à l’enlèvement de Maduro.

Une longue histoire de subversions et de coups d’État américains : de Mossadegh et Allende à l’enlèvement de Maduro.

Une analyse des interventions américaines dans des pays comme le Venezuela, le Chili et l’Iran, révélant une politique de subversion et de coups d’État.

POURQUOI LIRE : Comprendre la continuité historique des interventions américaines. Explorer les conséquences des coups d’État sur les pays concernés.

Réfléchir aux implications du non-respect du droit international. Une mécanique impériale bien rodée, du XXᵉ siècle à nos joursL’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro ne relève ni de l’imprévu ni de l’exception. Il s’inscrit dans une continuité historique lourde : celle d’une politique américaine fondée sur la subversion, le renversement de gouvernements et la violation assumée de la souveraineté des États qui refusent l’alignement. Ce qui se joue aujourd’hui au Venezuela prolonge une pratique ancienne, méthodique et documentée. Depuis la seconde moitié du XXᵉ siècle, les États-Unis ont fait du changement de régime un instrument central de leur domination géopolitique. Derrière les discours officiels sur la démocratie et la liberté, se déploient des stratégies de déstabilisation : pressions économiques, sabotage institutionnel, opérations clandestines, puis intervention directe lorsque les autres moyens échouent. La CIA a longtemps été l’outil privilégié de cette politique.

L’épisode de la baie des Cochons, en 1961, en constitue l’un des symboles les plus éclatants. À Cuba, une opération armée est montée pour renverser le pouvoir révolutionnaire de Fidel Castro. Des mercenaires sont entraînés et financés par Washington. L’échec militaire est cuisant, mais la logique est claire : aucun État n’est toléré s’il échappe au contrôle américain. En 1973, cette même logique frappe le Chili. Le président démocratiquement élu Salvador Allende est renversé après une longue campagne de déstabilisation économique et politique soutenue par les États-Unis. Le coup d’État ouvre la voie à la dictature de Pinochet, marquée par la torture, les disparitions et l’écrasement de toute opposition. Le prix humain est immense.

Des coups d’État aux guerres ouvertes, une escalade assumée.

Vingt ans plus tôt, en Iran, Mohammad Mossadegh subit le même sort pour avoir nationalisé le pétrole iranien. La CIA, avec l’appui britannique, renverse un dirigeant légitime et restaure le Shah. Ce coup d’État plonge le pays dans des décennies d’autoritarisme et prépare des fractures toujours visibles aujourd’hui. À chaque fois, ces opérations constituent une violation flagrante du droit international. La Charte des Nations unies, adoptée après la Seconde Guerre mondiale, interdit explicitement le recours à la force, l’ingérence dans les affaires internes des États et toute atteinte à leur souveraineté. Pourtant, ces principes sont régulièrement piétinés lorsque les intérêts stratégiques américains sont en jeu, révélant un ordre international à géométrie variable, où le droit cède devant la puissance.

L’Irak, en 2003, marque l’un des sommets de cette politique de destruction. Sous l’administration de George W. Bush, les États-Unis envahissent le pays sur la base de mensonges avérés. Le renversement de Saddam Hussein entraîne l’effondrement de l’État, des centaines de milliers de morts et un chaos régional durable. Le Venezuela s’inscrit pleinement dans cette généalogie. Sanctions économiques asphyxiantes, délégitimation institutionnelle, isolement diplomatique, puis enlèvement du chef de l’État : chaque étape révèle une escalade assumée contre un pays qui refuse la soumission.

Il faut le dire sans détour : les États-Unis n’ont pas semé la démocratie, mais l’instabilité, la violence et le désordre. De l’Iran au Chili, de Cuba à l’Irak, et aujourd’hui au Venezuela, cette politique a broyé des peuples entiers. L’enlèvement de Nicolás Maduro n’est pas un accident de l’histoire : il en est la continuité brutale. Tant que ces crimes politiques resteront impunis, ils continueront de se répéter.

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