La Oumma musulmane au Burkina Faso: « Se réorganiser ou périr ? ».

La Oumma musulmane au Burkina Faso.
Se réorganiser ou périr ?
En ces temps qui courent au Burkina Faso, la réorganisation de la communauté islamique de notre pays est d’une nécessité absolue. Un sursaut organisationnel dans la discipline et l’ordre s’impose, conforment aux enjeux et défis du moment. Les réalités auxquelles font face les musulmans, avec à leur tête, la fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB), devrait les obliger clairement à une prise de conscience collective ; au regard des insuffisances structurelles, organisationnelles de la communauté. Avec toute notre diversité, seule l’organisation et la solidarité pourraient permettre d’apporter d’une manière efficace des réponses aux besoins existentiels des musulmans au Burkina Faso. Le contexte actuel a mis en évidence une faiblesse chronique des musulmans ; une faiblesse qui relève d’un certain nombre de facteurs, notamment un manque de vision, un désordre légitimé ; le tout couronné par un refus de s’assumer et une habitude de déplacer la résolution de nos problèmes pour plus tard.
Les défis d’une Communauté.
Pour la marche actuelle de refondation de l’Etat dans la discipline et l’ordre sous l’impulsion du Camarade Président, Ibrahim Traoré, les institutions et organisations traditionnelles ont pour la plupart engagé des reformes afin de s’inscrire dans la dynamique du changement. Cependant, nous pouvons constater une communauté nationale islamique, longtemps bercée dans un schéma traditionnel de divergences internes et de nonchalance dans ses prises de décisions organisationnelles, avec des discours et prêches épars d’un Leader à un autre conformément à l’esprit et à l’idéal de chaque association au sein de la FAIB, l’on ne peut que subir les réalités douloureuses, d’une situation à laquelle on n’était pas préparé. Mais c’est comme dit la pensée : « A l’impossible, nul n’est tenu ». Il aurait fallu ces moments de froideur pour que cette Oumma se réveille de sa torpeur.
Malheureusement, on a le sentiment que par égoïsme et intérêts personnels, nous musulmans, nous trainons le pas pour forger l’esprit d’une Oumma unie au sein de la FAIB, afin de faire de nos diversité une force et pouvoir activer les idées et initiatives qui nous construisent comme une communauté de valeur, forte, décisive, impactante. Ainsi, cela pourrait faire de cette communauté une force publique beaucoup plus au service de notre société. Un travail s’impose donc à nous, musulmans de travailler ensemble au sein de notre faitière islamique afin qu’elle puisse nous conduire dans la prise en compte de l’intérêt commun des musulmans en tant que partenaire de l’Etat.
Malgré, la population croissante des musulmans dans notre pays, leur représentativité dans l’économie nationale ainsi que leurs cadres dans l’administration publique et dans le privé, demeure relativement faible. Au point que l’on peut imaginer un géant aux pieds d’argile. Un fait que de nombreux musulmans trouvent incompréhensible. Ces derniers s’interrogent sur le rôle de l’instance FAIB et de certaines personnalités musulmanes dans ce processus.
Fort de ce constat, un travail sérieux doit se faire au niveau de la FAIB et des associations islamiques afin de redonner de la confiance aux fidèles musulmans, au-delà des humeurs et émotions, et surtout dans la rigueur du travail acharné conformément à la vision d’un islam actif et uni. Pour se faire, il faut l’accompagnement des pouvoirs publiques afin que des indisciplinés se rangent du côté de l’intérêt commun et national.
Pour qu’on parvienne à ce résultat recherché, il faut combattre l’hypocrisie de certains guides religieux, incapables de prôner et d’incarner le sens de l’union réelle dans leurs prêches et comportements. Pire, lors des rencontres de la FAIB, ils affichent cet air de comprendre les enjeux, et dès lors qu’ils replient dans leurs cadres habituels et face à leurs adeptes, ils retombent dans les communications et comportements déviants et sectaires. Cet état d’esprit n’est pas exclusif à un seul groupe religieux, mais à plusieurs associations et guides, dont nous observons l’activisme aujourd’hui. Une des doléances la plus pressante auprès des plus hautes autorités de nos jour est, qu’à travers la FAIB, un cadre formel de concertations soit institué, afin que les objectifs soient atteints dans le respect et la dignité des musulmans.
Nous demeurons convaincus que c’est de concert et avec l’accompagnement de nos autorités que nous allons relever les défis de la communauté nationale islamique pour l’épanouissement des fidèles musulmans et pour le bonheur du reste de la société. Aux frères et sœurs en islam, et à la fédération des associations islamiques du Burkina Faso, (FAIB), ces moments éprouvants que nous traversons doivent susciter en la Oumma le sens de réorganiser les affaires des musulmans afin que les années à venir, tout musulman se sente fier d’appartenir à cette communauté nationale islamique.
Un travail qui se faisait déjà et dont nous saluons et prions Allah qu’il récompense les différents bureaux à la tête de la FAIB, pour le travail déjà abattu, et encourageons la nouvelle équipe actuelle à poursuivre la dynamique avec plus d’efficacité dans la bonne stratégie, pour une FAIB incontournable et décisive.
AROUNAN GUIGMA



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