Sierra Leone : Maada Bio exhorte le Parlement à adopter une réforme électorale.

Le président sierra-léonais Julius Maada Bio a exhorté dimanche, dans un discours retransmis à la télévision, les parlementaires à adopter une réforme constitutionnelle visant notamment à réviser le code électoral avant le scrutin présidentiel de 2028 et qui fait l’objet de débats sans consensus au Parlement depuis des semaines.
« Cette loi en débat au Parlement est le fruit d’années de travail et de consultations », a lancé le chef de l’État dans son adresse. « Elle reflète les contributions de citoyens de tous les districts, communautés et secteurs de notre société », ajoute-t-il.
Cette loi vise notamment à modifier les règles d’organisation des scrutins en introduisant le passage à un système de représentation proportionnelle.
Elle prévoit aussi d’abaisser le seuil de victoire pour l’élection présidentielle de 55% à la majorité simple de 50% plus une voix.
La réforme entend en outre introduire un quota de 30% de femmes dans l’accession à des postes de gouvernance politique.Elle prévoit également que le chef de l’Etat prenne en compte les spécificités régionales du pays, l’égalité des genres et l’inclusion des minorités lorsqu’il formera le gouvernement ou procédera à des nominations, a précisé fin juillet le ministre sierra-léonais de la Justice, Alpha Sesay, devant les parlementaires.
Ces parlementaires sont apparus divisés ces dernières semaines sur cette révision de la loi électorale. Elle prévoit qu’un candidat à la présidentielle peut être déclaré vainqueur après avoir obtenu la majorité simple des suffrages valables enregistrés au niveau national et au moins 20% des suffrages valables dans les deux tiers des districts de Sierra Leone.Si aucun des candidats au scrutin ne remplit ces deux conditions, un second tour est convoqué.
Le gouvernement et les parlementaires du parti au pouvoir (Parti du peuple de Sierra Leone – SLPP) soutiennent cette réforme visant à accorder la victoire au candidat qui aura réuni plus de la moitié des votes, jugeant que c’est suffisant au regard de la démocratie. Ils plaident que ce système permet de réduire les coûts financiers, les tensions politiques et les risques sécuritaires pouvant être associés à un second tour d’un scrutin présidentiel.
De son côté, le principal parti d’opposition en Sierra Leone (Parti du Congrès de tout le peuple – APC) demande le maintien du seuil de 55%, estimant que cela encourage les candidats à sécuriser un soutien plus large au niveau national et promeut une légitimité accrue pour l’éventuel vainqueur.
Les partisans du vote à la proportionnelle estiment que cela permettrait de promouvoir la cohésion nationale et de réduire la violences politique au niveau local, mais aussi d’améliorer la représentation des femmes, des jeunes et des minorités. »Je lance un appel clair et solennel, votons cette loi maintenant.
Que les membres du Parlement disent ‘oui’ non pas à un individu ou un parti mais oui au peuple et au futur de la démocratie en Sierra Leone », a lancé dimanche le président Bio, qui ne sera pas candidat à la présidentielle de 2028 car il effectue actuellement son second et dernier mandat.
Source: africanews



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