Troisième sommet Russie-Afrique à Moscou (28-29 octobre). Partie 1 : que nous réserve-t-il?

Troisième sommet Russie-Afrique à Moscou (28-29 octobre). Partie 1 : que nous réserve-t-il?

par Mohamed Lamine Kaba.

À trois mois du sommet Russie-Afrique, déjà, Moscou se prépare à recevoir l’Afrique pour la troisième fois après Sotchi (2019) et Saint-Pétersbourg (2023).

Alors même qu’en Occident on promet l’isolement du Kremlin, au même moment, le calendrier diplomatique de cet été raconte l’inverse.En réalité, plus l’Occident multiplie les mises en garde, plus les avions se posent à Moscou.

Trente pays déjà confirmés, chiffre en hausse quotidienne, Bruxelles et Washington comptent encore sur les doigts d’une main leurs alliés africains restants. La méthode russe, elle, ne varie pas depuis Sotchi : décret présidentiel, invitations personnelles, tournée ministérielle, puis sommet.

Pendant que certaines capitales occidentales peaufinaient encore leurs communiqués de dénonciation, Lavrov, lui, engrangeait les accords au Caire, à Addis-Abeba, à Niamey, à Maputo, à Bujumbura — une mission diplomatique qui, à elle seule, dessine déjà les contours du sommet Russie-Afrique des 28 et 29 octobre à Moscou.

L’endiguement, promis depuis 1945, puis depuis 2022, à grand renfort de conférences de presse, n’aura jamais été qu’un slogan de tribune. Le terrain, lui, a répondu tout autrement à la magie de la diplomatie russe.

Une diplomatie qui n’attend jamais.

Le 25 mars, Vladimir Poutine signe le décret portant sur la troisième édition du sommet et en confie l’organisation à Iouri Ouchakov. Deux mois plus tard, pour la Journée de l’Afrique, il lâche une phrase désarmante : «Je serai heureux d’accueillir les dirigeants africains à Moscou».

Ouchakov, lui, inscrit le sommet dans une continuité historique : les éditions de 2019 et 2023 ont, dit-il, «donné un nouvel élan à la coopération russo-africaine», et «un travail considérable et de grande envergure» attend désormais les équipes. Anton Kobiakov fixe l’ambition en un mot : laisser «un héritage durable», scellé par des décisions signées en économie, commerce, investissement, culture, éducation.

Dès janvier, l’ambassadeur Dimitri Kourakhov annonçait à Dakar que Poutine viendrait «quel que soit le pays hôte retenu». La question n’était donc jamais de savoir si Moscou recevrait l’Afrique, mais combien de capitales répondraient présentes.

La réponse a commencé à s’écrire dès avril, quand l’ambassade russe à Ouagadougou remet au président Ibrahim Traoré l’invitation personnelle du chef du Kremlin : «Le chef de la mission diplomatique russe a transmis au ministre une invitation du président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, adressée au président du Burkina Faso Ibrahim Traoré», précise le communiqué officiel.

Le terrain, à Ouagadougou, était déjà préparé : dès septembre 2025, en recevant l’invitation à la conférence ministérielle du Caire, le ministre Karamoko Jean-Marie Traoré réaffirmait l’engagement burkinabè à renforcer la coopération avec Moscou. Rien, dans cette séquence, ne relève de l’improvisation. Tout obéit à une méthode éprouvée depuis les précédentes éditions : en 2023 déjà, à Saint-Pétersbourg, Poutine avait prononcé, selon les agences russes, un discours fondateur sur la formation d’un nouvel ordre mondial.

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