Démocraties occidentales plastiques, l’ère du mensonge assumé au prix de vies humaines.

Démocraties occidentales plastiques, l’ère du mensonge assumé au prix de vies humaines.

« Quand le mensonge devient permanent, les gens ne finissent pas forcément par croire aux mensonges : ils finissent surtout par ne plus croire en rien. Or, un peuple qui ne croit plus en rien perd sa capacité à se forger une opinion. Il devient incapable d’agir, mais aussi de penser et de juger. Dès lors, il devient facile à manipuler.»

Hannah Arendt écrivait ces mots il y a plus d’un demi-siècle. Ils n’ont jamais été aussi actuels. Dans un monde saturé de demi vérités et de récits fabriqués, le pouvoir politique, adossé aux oligarchies financières qui tiennent les médias, a compris que la vérité n’est plus à conquérir. Elle est à fabriquer. Et c’est le citoyen ordinaire qui en paie le prix.

Le mensonge est, de longue date, l’un des instruments fondamentaux de l’art politique. Platon fut l’un des premiers à le théoriser, en légitimant ce qu’il nommait le « noble mensonge », cette fiction que les gouvernants se permettent d’imposer aux peuples pour préserver l’ordre social².

Plusieurs siècles plus tard, Machiavel en fit un art à part entière, élevant le mensonge au rang d’instrument essentiel du Prince, outil indispensable à qui veut conquérir le pouvoir et, surtout, le conserver³. George Orwell, quant à lui, poussa cette logique jusqu’à son extrême dans son roman 1984, en imaginant un régime totalitaire doté d’un « Ministère de la Vérité » dont la mission n’était pas de dire le vrai, mais de réécrire en permanence l’histoire pour que chaque discours, chaque fait, chaque souvenir corresponde à la ligne politique du Parti au pouvoir.Cette réalité n’appartient pas au passé. Seuls les naïfs s’en consolent ainsi.

Le pouvoir politique contemporain s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs, mais il a su hériter de leurs méthodes pour mieux les affiner, les amplifier, les rendre enfin à la hauteur de leurs ambitions les plus inavouables. Orwell avait imaginé l’horreur — il n’avait pas imaginé les outils. Les réseaux sociaux, les algorithmes, l’intelligence artificielle : autant d’instruments que nos dirigeants ont saisis avec l’enthousiasme discret de ceux qui reconnaissent, dans une arme nouvelle, le prolongement naturel d’une vieille vocation.Et le plus troublant n’est pas la sophistication du mensonge. C’est son insolence. Le deepfake ne cherche plus à convaincre tout à fait, il cherche à saturer.

La mise en scène virale fabriquée et déversée sur TikTok ou X n’a pas besoin d’être vraisemblable pour être efficace ; il lui suffit d’être partout. La désinformation ne se dissimule plus dans l’ombre des arrière-salles : elle s’exhibe, elle prolifère avec la sérénité de ce qui n’a plus rien à craindre. Jusqu’à ce que la vérité, asphyxiée, ne trouve plus ni place dans l’espace public, ni langage pour se dire, ni même le souffle nécessaire pour s’énoncer.

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