Muhammad Ghazali et le leadership féminin en islam.

Muhammad al Ghazali, juriste et théologien égyptien azharite du XXe siècle joua un rôle essentiel dans la production d’une jurisprudence progressiste et égalitaire, en particulier sur la question des femmes. Jonathan Brown nous en explique les enjeux dans un texte extrait de Misquoting Muhammad: The Challenge and Choices of Interpreting the Prophet’s Legacy.
Parmi les nombreuses questions abordées par Ghazali dans La Sunna prophétique : entre les juristes et les spécialistes des hadiths, celle de l’accès des femmes aux fonctions de direction était la plus épineuse.
Sa manière de traiter le Hadith contre les femmes au pouvoir illustre parfaitement la difficulté de concilier la vérité des textes sacrés avec les réalités extratextuelles, à une époque où la culture même dans laquelle ces textes étaient lus faisait l’objet d’une profonde contestation.
À l’instar des oulémas médiévaux interprétant le Hadith du Soleil qui se prosterne, Ghazali estimait que l’expérience empirique contredisait manifestement la prédiction selon laquelle « une communauté qui confie ses affaires à une femme ne prospérera pas ».
Une femme, Golda Meir, fit-il remarquer, dans une pique adressée à une génération de dirigeants arabes moustachus et défaillants, avait conduit Israël à la victoire contre ses ennemis. Indira Gandhi et, surtout, Margaret Thatcher étaient deux autres femmes dirigeantes largement respectées, tant dans leur pays qu’à l’étranger.
Conscient que la notion de « prospérité » pouvait bien davantage concerner la vie dans l’au-delà que la réussite terrestre, Ghazali invoqua également un exemple coranique. Le hadith, affirmait-il, contredisait ouvertement le Livre saint.
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